L’urgence de la réponse climatique de l’UE face à l’escalade des incendies

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L’urgence de la réponse climatique de l’UE face à l’escalade des incendies
Credit: Reuters

L’Union européenne est poussée vers une nouvelle phase de politique de crise climatique, alors que sa commissaire à la gestion des crises avertit que le bloc doit investir davantage et agir plus vite, pendant que la France se prépare à une nouvelle canicule étouffante et à une aggravation du risque d’incendies de forêt. Le message est clair : l’Europe ne fait plus face à des catastrophes estivales isolées, mais à une crise récurrente, alimentée par le climat, qui met sous tension les systèmes d’urgence, les budgets et la patience politique.commission.

Le message d’Hadja Lahbib arrive à point nommé, alors que la France et l’Espagne luttent contre des incendies, déplacent des milliers de personnes et se préparent à de nouvelles vagues de chaleur qui pourraient revenir dans les prochains jours. Elle s’exprime dans le sillage de l’approbation par la Commission européenne d’une étude recommandant d’investir 70 milliards d’euros par an dans l’adaptation au changement climatique jusqu’en 2050.commission.

Chaleur et incendies

Le pays va connaître une nouvelle vague de chaleur particulièrement rude, avec des vents secs et des températures élevées qui devraient aggraver la situation au milieu de la pire flambée d’incendies de forêt observée sur le continent depuis des années. Selon Reuters, sept avions et quatre hélicoptères ont été envoyés en France depuis l’UE, ainsi que six avions et trois brigades de pompiers vers l’Espagne, tandis que Bruxelles a également déployé plus de 770 pompiers dans des zones vulnérables avant le début de la période de pointe

L’ampleur du problème ne concerne pas seulement la France, mais aussi d’autres régions. Par exemple, dans le sud-ouest de la France, un incendie près de Bordeaux a détruit environ 42 000 hectares de terres, 240 maisons et contraint quelque 220 000 personnes à évacuer, tandis qu’en Espagne, les incendies ont forcé l’évacuation de 60 000 à 75 000 personnes selon le stade du reportage.

L’avertissement de Lahbib

L’argument central de Lahbib est que l’Europe ne peut plus traiter les incendies de forêt comme un simple problème de services d’urgence. Elle a estimé que la réponse de l’UE aux incendies devait évoluer au même rythme que le changement climatique, et que les États membres devraient utiliser davantage les ressources disponibles non seulement pour les avions et l’intervention rapide, mais aussi pour la gestion forestière et l’éducation du public sur les comportements à risque.commission.

« Notre réponse doit évoluer tout aussi rapidement »

a déclaré Lahbib, affirmant que le bloc doit accélérer ses plans d’adaptation puisque le changement climatique redessine déjà l’ampleur et le calendrier des saisons d’incendies. Son avertissement reflète aussi la réalité selon laquelle l’aide de crise de l’UE joue surtout un rôle de filet de sécurité, et non de substitut total à la préparation nationale. Le mécanisme de protection civile de l’Union et rescEU peuvent déployer des ressources au-delà des frontières, mais la responsabilité principale de la lutte contre les incendies reste aux gouvernements nationaux.commission.

Argent et capacités

Le problème du financement devient presque aussi grave que celui des incendies. Selon une étude de la Commission européenne réalisée en janvier, l’UE, ses États membres et le secteur privé devraient investir environ 70 milliards d’euros par an dans l’adaptation climatique jusqu’en 2050, dont environ 30 milliards pour les infrastructures, 21 milliards pour les écosystèmes et 12 milliards pour la sécurité alimentaire. Les pays ayant le plus besoin d’adaptation climatique étaient la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.

Cette étude indique aussi que le financement actuel de l’adaptation est insuffisant et que les risques climatiques ainsi que les besoins d’adaptation devraient être mieux intégrés à la planification budgétaire nationale. En d’autres termes, l’appel de Lahbib n’est pas qu’un discours. Il reflète une ligne politique plus large de la Commission : le déficit de résilience européen est déjà coûteux et ne cesse de s’aggraver. Le budget de gestion des crises est lui aussi sous pression. Selon Reuters, la Commission prévoyait d’allouer 10,7 milliards d’euros au financement de la gestion des crises dans le prochain budget européen, mais le compromis trouvé par les États membres a ramené ce montant à 9,1 milliards, ce qui pourrait compter si l’Europe faisait face à plusieurs catastrophes au cours d’un même été.

Pourquoi les feux s’étendent

Les incendies qui ravagent actuellement la France, l’Espagne et certaines parties de l’Europe du Sud sont alimentés par une combinaison dangereuse de sécheresse, de chaleur et de vent, des conditions que les scientifiques relient à plusieurs reprises au changement climatique d’origine humaine. Reuters et d’autres médias ont rapporté que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, et que le changement climatique accroît la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, des sécheresses et des incendies de forêt.

En France, certains incendies ont pris des formes qui montrent à quel point le problème évolue. CGTN a rapporté que l’incendie de la Gironde a produit un pyrocumulonimbus sans précédent, un nuage de feu capable de créer ses propres vents et éclairs, rendant le sinistre beaucoup plus difficile à maîtriser. Des experts des incendies ont également averti que les feux dits de sixième génération, qui génèrent une énergie énorme et peuvent devenir presque impossibles à éteindre directement, pourraient devenir plus fréquents à mesure que les températures augmentent.

Cet avertissement scientifique est important, car il suggère que l’UE ne combat pas seulement un plus grand nombre d’incendies, mais un environnement d’incendie différent. Une fois qu’un feu commence à créer sa propre météo, le rôle des pompiers passe du contrôle à la protection, au confinement et à l’évacuation.

Le coût humain

Le prix humain est également lourd. Selon les données sanitaires officielles en France, plus de 5 700 décès excessifs ont été enregistrés lors de la vague de chaleur de juin, illustrant les effets plus larges des chaleurs extrêmes sur la santé publique, au-delà des seuls incendies. Des conditions de sécheresse sévère ont aussi été observées dans la végétation du pays, selon les autorités météorologiques et sanitaires, rendant l’ignition plus facile. Il a également été rappelé à plusieurs reprises que les gens devaient faire preuve de prudence, car la majorité de ces feux sont d’origine humaine.

Selon les autorités françaises, les habitants ont été invités à éviter les barbecues pendant les alertes canicule, car ils sont à l’origine de presque tous les incendies dans le pays. Les secouristes ont eux aussi été touchés par cette crise. Comme l’a rapporté France, certains pompiers ont perdu la vie en combattant ces feux, et les autorités françaises et espagnoles ont répété que les prochaines heures et les prochains jours seraient décisifs.

Une exposition plus large en Europe

Les remarques de Lahbib ne se limitaient pas à la péninsule ibérique et à la France. Elle a averti que des « conditions extrêmes » se profilaient aussi pour la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, suggérant que la menace des incendies et de la chaleur s’étend vers l’est et pourrait bientôt mettre encore davantage à l’épreuve les capacités de secours de l’UE.

Cet avertissement élargi est important, car il montre que le modèle de crise de l’UE est testé dans plusieurs régions à la fois. Lorsque les mêmes avions de réserve, les mêmes pompiers et les mêmes systèmes logistiques sont nécessaires en France, en Espagne et potentiellement en Europe centrale, la question devient de savoir si les mécanismes d’aide mutuelle existants peuvent suivre le rythme d’un climat qui produit davantage d’urgences simultanées.commission.

La Commission a déjà tenté de renforcer le dispositif. Elle achète une flotte permanente de 12 avions Canadair et de cinq hélicoptères, livrables entre 2027 et 2030, tandis que la réserve rescEU comprend actuellement 22 avions de lutte contre les incendies et cinq hélicoptères contractualisés auprès des États membres

Implications politiques

La leçon politique de la crise actuelle est assez claire : même si l’Europe dispose encore d’outils d’action, elle n’a plus de marge pour procrastiner. Ce que dit Lahbib, c’est que l’adaptation au changement climatique doit être considérée comme une politique de sécurité plutôt que comme une question environnementale. Cela exige plus d’argent, plus de planification, une meilleure gestion des terres et une campagne publique sur les dynamiques des incendies de forêt. Cela implique aussi d’admettre que l’ancienne stratégie consistant à mobiliser tous les moyens seulement après le déclenchement d’un feu ne fonctionnera plus lorsqu’il suffit de quelques heures de chaleur, de sécheresse et de vent pour transformer un incendie local en catastrophe régionale.commission.

Le propre cadre climatique de l’UE va dans ce sens. Le bloc s’est fixé l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 ainsi qu’une cible de réduction des émissions pour 2030, et il a adopté en 2021 une stratégie d’adaptation pour construire une Europe résiliente au climat. L’intervention de Lahbib suggère que ces objectifs doivent désormais s’accompagner de dépenses plus rapides et d’une mise en œuvre plus rigoureuse.

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