Le 3 janvier, le président français Emmanuel Macron a déclaré que le peuple vénézuélien pouvait célébrer la fin de la « dictature Maduro », après l’arrestation du président Nicolas Maduro par les forces militaires américaines. Il a affirmé que Maduro avait foulé aux pieds la liberté de tous et terni l’honneur de ses concitoyens.
Cependant, il n’a pas évoqué les incursions militaires américaines qui ont conduit à l’arrestation du président vénézuélien. Plus tard, le cabinet présidentiel a précisé que l’opération américaine avait été « reconnue », soulignant qu’un dictateur avait été retiré et que le droit international devait désormais être respecté.
Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 3, 2026
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition…
Pourquoi les responsables de gauche condamnent-ils la position de Macron ?
Jean-Luc Mélenchon, chef du parti d’extrême gauche LFI, a qualifié cette position de « honteuse », accusant Macron d’abandonner le droit international. Son lieutenant Manuel Bompard a décrit la journée comme « un sombre jour pour notre pays », déplorant que la France semble féliciter ce qu’il a qualifié de « prises de pouvoir » de Trump.
La prise de position de Macron n'est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international. Jour sombre pour notre pays.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 3, 2026
Quelqu'un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l'attaque contre le Venezuela.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 3, 2026
Il n'y a pas de bonne invasion. Seulement des mauvaises.
La parole de la France doit rester non alignée et constante sur les principes du droit…
François Ruffin, également membre de LFI, a ajouté que si la direction de Maduro est controversée, l’action militaire américaine doit être unanimement condamnée, insistant sur le fait que la force ne peut remplacer le droit.
Pathétique déclaration de l’ectoplasme qui dirige « les affaires étrangères » de l’Union européenne.
— François Ruffin (@Francois_Ruffin) January 3, 2026
Le silence de la France laisse les toutous de Trump et de la puissance américaine parler en notre nom. Où est passé Emmanuel Macron, le quai d’Orsay ? Russie, Gaza, maintenant… https://t.co/5LDI1xqWyN
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré que la France n’est pas un État vassal des États-Unis et que les propos du président violent les principes diplomatiques de longue date du pays.
Cette déclaration du Président de la République Française n’est pas à la hauteur de la voix que la France porte dans le monde et des valeurs qu’elle doit continuer de défendre.
— Olivier Faure (@faureolivier) January 3, 2026
Le droit international, la souveraineté des États ne sont pas négociables sauf à ouvrir le monde à des… https://t.co/g8m3mQZ5nJ
Quelles préoccupations en matière de droits humains et de droit international ?
Les critiques affirment que l’assaut américain n’a pas respecté la souveraineté de l’État vénézuélien et le droit international. Jordan Bardella, du Rassemblement National, a souligné que le retrait d’un pouvoir politique par une puissance étrangère viole le droit international et le principe de souveraineté des États.
Le régime rouge de Nicolás Maduro appelle de nombreuses critiques légitimes sur le plan démocratique. Des millions de Vénézuéliens ont souffert de cette dictature sanguinaire et sans pitié, qui a privé de droits politiques l’opposition et entretenu le pays dans une interminable…
— Jordan Bardella (@J_Bardella) January 3, 2026
Mathilde Panot, représentante de La France Insoumise, a rassemblé des manifestants à Paris en solidarité avec la population vénézuélienne, affirmant que l’invasion visait le pétrole plutôt que la lutte contre le trafic de drogue, et que la loi doit primer sur la force, le pouvoir ou la contrainte.
Rassemblés à Paris en soutien au peuple vénézuélien contre l’impérialisme états-uniens.
— Mathilde Panot (@MathildePanot) January 3, 2026
L’agression de Trump n’a rien à voir avec la lutte contre le narcotrafic, mais tout à voir avec le pétrole.
Le peuple de France ne doit jamais accepter que la loi du plus fort supplante le… pic.twitter.com/tKC84GguVc
Fabien Roussel, du Parti communiste, a condamné Macron pour avoir réduit la France au « 51ᵉ État » des États-Unis, qualifiant la situation de « honte ultime ».
Comment les citoyens français ont-ils exprimé leur opposition ?
Plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés le week-end sur la Place de la République à Paris, brandissant le drapeau vénézuélien et réclamant la libération inconditionnelle de Nicolás Maduro. Jean-Luc Mélenchon a appelé au retour de Maduro au Venezuela.
La manifestation, organisée par La France Insoumise et le Parti communiste, a mis en évidence l’inquiétude croissante des Français face à la normalisation des interventions étrangères dans des États souverains.
Quelle est la position officielle du gouvernement français ?
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé le geste américain comme une atteinte au droit international, affirmant qu’aucune solution politique ne peut être imposée depuis l’extérieur et que l’avenir doit être déterminé uniquement par les peuples concernés.
En confisquant le pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à l'auto-détermination. La France s'est engagée avec constance, notamment par ses actions de médiation, en faveur du…
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 3, 2026
Macron, tout en se félicitant de la chute de Maduro, a réitéré l’importance d’assurer une transition pacifique et démocratique au Venezuela. Le président français a également encouragé le candidat de l’opposition Edmundo Gonzalez Urrutia à prendre la tête de ce processus, confirmant ses communications avec Donald Trump, le président argentin Javier Milei et le président brésilien Lula sur cette question.
Comment les dirigeants français équilibrent critique et pragmatisme ?
De nombreux responsables tentent de critiquer l’intervention militaire américaine sans apparaître comme des soutiens de Maduro.
Raphaël Glucksmann, député européen social-démocrate, a déclaré : « Le régime dirigé par Maduro est certes plutocratique et autoritaire, mais nous risquons d’entrer dans une ère où le droit international n’existe plus et où le monde serait gouverné par la force plutôt que par la loi. »
Gabriel Attal, président des députés macronistes, a souligné que les Européens doivent s’habituer à un monde de plus en plus gouverné par la force pour ne pas être relégués au rôle de spectateurs impuissants.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, a rappelé que même si le régime de Maduro est autoritaire et oligarchique, la souveraineté des États ne peut être remise en question, et renoncer à ce principe serait dangereux pour l’ordre international.
Il existait mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro : communiste, oligarchique et autoritaire, il faisait peser sur son peuple, depuis de trop longues années, une chape de plomb qui a plongé des millions de Vénézuéliens dans la misère – quand il ne les contraignait…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) January 3, 2026
Bruno Retailleau, président des Républicains, a ajouté que pour protéger la souveraineté au Venezuela, il ne faut pas ignorer la question du trafic de drogue.
Quelles sont les inquiétudes globales face à cette situation ?
L’entrée des forces américaines au Venezuela a alarmé de nombreux observateurs internationaux. Ces actions pourraient violer plusieurs principes du droit international et donner raison à ceux qui considèrent que la force militaire prime toujours sur la diplomatie.
Les défenseurs des droits humains soulignent que ces interventions risquent d’affecter négativement les civils et de porter atteinte aux libertés fondamentales. Selon eux, la protection des droits humains et le respect de la souveraineté doivent rester prioritaires dans la gestion des gouvernements contestés.



