Paris et Londres ont mené une frappe aérienne dans le centre de la Syrie samedi soir, ciblant une installation souterraine située au nord de l’ancienne ville de Palmyre. Dans un communiqué du ministère britannique de la Défense, l’installation « était très probablement utilisée pour stocker des armes et des explosifs » par l’EI, une organisation militante également connue sous le nom de Daech.
Des avions britanniques ont utilisé des bombes guidées Paveway IV pour détruire plusieurs tunnels d’accès à l’installation. Une évaluation préliminaire indique que la cible a été touchée avec succès, sans victimes civiles signalées par les autorités. Cette attaque s’inscrit dans un effort visant à empêcher l’EI de regagner le contrôle du centre de la Syrie et à affaiblir ses stocks et opérations.
Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a déclaré :
« Cette action démontre le leadership du Royaume-Uni et sa détermination à soutenir ses alliés pour éradiquer toute résurgence de Daech et de ses idéologies dangereuses au Moyen-Orient. »
Comment cela s’inscrit-il dans les efforts de la coalition contre l’EI ?
Depuis la défaite de l’EI en 2019, après sa domination sur de vastes territoires en Syrie et en Irak, l’organisation s’est repliée dans le désert syrien mais a repris des attaques isolées. Selon les Nations Unies, l’EI conserverait entre 5 000 et 7 000 combattants en Syrie et en Irak.
Cette opération s’aligne sur les efforts de la coalition pour neutraliser les combattants de l’EI encore présents dans la région, ainsi que les djihadistes étrangers tentant de réintégrer les zones de conflit. En novembre, la Syrie, sous la présidence d’Ahmed al-Sharaa, est devenue le 90ᵉ pays à rejoindre la coalition dirigée par les États-Unis contre l’EI.
Quel rôle la France a-t-elle joué dans la frappe aérienne et les missions antérieures contre l’EI ?
L’armée française participe activement aux opérations anti-EI depuis plus d’une décennie. Cette dernière opération prolonge les efforts de la France pour soutenir ses partenaires de coalition en Syrie.
Lors de cette opération, bien que l’implication précise des avions français n’ait pas été détaillée par Londres, la mission conjointe illustre clairement la solidarité européenne et vise à perturber les chaînes logistiques et de commandement de l’EI.
La France a mené ses premières frappes contre l’EI en Irak et en Syrie en 2014, après les rapides avancées territoriales du groupe.
En 2015, après les attentats terroristes de Paris, la France a intensifié ses opérations en Syrie dans le cadre de l’Opération Chammal, ciblant des positions de l’EI, des caches d’armes et des infrastructures.
La dernière frappe aérienne majeure française avant l’opération de Palmyre a eu lieu en septembre 2025, visant des camps d’entraînement de militants dans le désert syrien.
Au cours de la dernière décennie, la France a réalisé des centaines de frappes aériennes, soutenu les forces terrestres de la coalition et formé des troupes régionales pour lutter contre la résurgence de l’EI.
Récemment, les États-Unis ont frappé des bastions de l’EI en Syrie. Fin décembre 2025, au moins cinq militants ont été tués lors de frappes américaines après des attaques ayant causé la mort de trois Américains dans la région. Une « frappe massive » avait déjà été menée à Palmyre après qu’un embuscade ait tué deux soldats américains et un interprète civil.
Bien que l’EI ait perdu son califat territorial, il utilise encore des zones désertiques comme bases de lancement. Les experts estiment que sans intervention internationale, l’EI pourrait reconstruire ses chaînes d’approvisionnement et attaquer des civils ou les forces de la coalition.
Quels outils et tactiques ont été utilisés lors de l’opération conjointe ?
Le Royaume-Uni a déployé des Typhoon FGR4, soutenus par un ravitailleur en vol Voyager, pour réaliser des frappes de précision. Les bombes Paveway IV ont ciblé tunnels et points d’accès souterrains. Les autorités ont insisté sur la nécessité de minimiser les risques pour les civils tout en maximisant l’impact opérationnel sur les infrastructures de l’EI.
En plus de la nécessité de neutraliser les capacités de l’EI, le secrétaire britannique à la Défense Healey a souligné l’importance de maintenir la position du Royaume-Uni « côte à côte avec nos alliés ». Le rôle d’une force constante et engagée, combattant l’EI depuis plusieurs années, reste crucial pour assurer l’efficacité des frappes aériennes de la coalition.



